Les marins Jonas Gerckens et Djemila Tassin s’élanceront samedi 26 septembre de Marseille pour la première épreuve des Championnats du Monde de course au large en double mixte 2026, compétition organisée par le World Sailing en vue d’une entrée de la discipline aux Jeux Olympiques. Après une édition 2024 conclue à la 5e place à cause d’une pénalité, et une année 2025 sans pouvoir prendre le départ, les deux comparses reviennent avec une ambition claire : retrouver la finale et démontrer que la Belgique compte parmi les nations qui savent performer au plus haut niveau de la voile internationale.
Beaucoup de joie, et un léger parfum de revanche : voilà l’état d’esprit des « Red Dolphins », l’équipe belge de course au large, à quelques heures de reprendre la compétition ! Et ils auront fort à faire, les deux marins, qui vont affronter sur la piégeuse Méditerranée pas moins de 16 duos venus de 13 différentes nations, dont la France, l’Allemagne, la Norvège, mais aussi le Japon et les Etats-Unis.
« L’objectif, c’est de se qualifier pour la finale »
Lancé en 2024 à l’initiative de l’instance internationale du World Sailing, ce Championnat du Monde de course au large est une première étape en vue de défendre la création d’une épreuve de course au large aux Jeux Olympiques de 2032 en Australie. Lors de la première édition à Lorient, les Belges s’étaient hissés en finale, et avaient franchi la ligne en 3e position, avant d’être rétrogradé à la 5e place après une pénalité pour un envoi de photo du plomb moteur trop tardif. En 2025, les deux marins, mobilisés par leur tour du monde en Class40 sur la Globe 40, n’avaient pas pu participer à la compétition, organisée à Cowes, en Angleterre. Mais pas question de rater l’édition 2026, même si les deux navigateurs mènent en parallèle une intense préparation en vue de la Route du Rhum début novembre !
C’est donc à Marseille que la Belgique fera son retour sur la scène vélique internationale !
« On revient avec beaucoup d’envie, même si cela fait longtemps que l’on n’a pas navigué sur ce type de bateau, et qu’on se trouve sur un plan d’eau méditerranéen qu’on connait moins bien, souligne l’expérimenté Jonas Gerckens, 46 ans, qui s’élancera le 1er novembre sur sa troisième Route du Rhum consécutive. L’objectif d’abord, c’est de se qualifier pour la finale, mais ce ne sera pas si simple car on est un peu dans le « groupe de la mort », qui compte les champions du monde en titre, les Français, mais aussi les Uruguayens, qui avaient fini 3e l’an passé. Mais on va se battre, et on a quelques atouts dans notre jeu, qu’on espère savoir placer au bon moment ! »
Des bateaux identiques, une bataille au détail
Etre fin stratège, c’est tout l’enjeu de cette première régate d’environ 100 milles, qui partira samedi à 11 h et opposera huit bateaux, dont seuls les cinq premiers seront qualifiés pour la finale. Et pour ajouter un peu de piquant à cette compétition, les équipages ne navigueront pas sur leur propre bateau ! Pour garantir une parfaite équité entre les coureurs, les bateaux monotypes, des Sun Fast 30 One Design, sont en effet fournis par l’organisation et tirés au sort avant le départ. Chaque course se dispute ainsi avec un bateau différent - un principe qui remet les compteurs à zéro et valorise surtout les compétences des marins, et notamment leurs capacités tactiques.
« C’est une compétition hyper exigeante. Les bateaux sont relativement étroits, tout se joue sur de petits réglages, parfois au dixième de nœud : gagner quatre ou cinq mètres peut faire une vraie différence. C’est un excellent exercice, hyper formateur, et surtout hyper stimulant quand on est compétiteur », se réjouit Djemila Tassin, la navigatrice de 31 ans, détentrice du Record Mondial de Distance sur 24h en Class40 . « C’est un format que j’aime beaucoup. Le côté régate m’attire énormément et c’est une bonne école pour travailler les départs, le positionnement et bien sûr le contact avec les adversaires », complète Jonas Gerckens.
Une complémentarité construite au fil des années
Et pour bâtir leur performance, les « Red Dolphins » pourront compter sur une force essentielle : leur complicité ! Depuis plusieurs années maintenant, Jonas Gerckens et Djemila Tassin naviguent régulièrement ensemble et connaissent parfaitement leur manière de fonctionner en équipage. « Le duo communique bien, on s’entend bien et on s’écoute au maximum. Djem a une façon plus scientifique d’aborder les choses, moi je suis plus empirique. On mélange les deux, et à la fin ça fait souvent de jolis résultats », résume Jonas Gerckens.
Pour Djemila Tassin, le format double mixte imposé par les organisateurs offre précisément cet équilibre : « Cela permet de mélanger des façons de penser et des attitudes différentes. Ça change l’atmosphère à bord et c’est très enrichissant. C’est vraiment important d’avoir une épreuve en double mixte, car cela donne énormément d’opportunités aux femmes de lancer leur propre carrière. »
C’est donc avec une très forte envie de montrer ce qu’ils ont sous la pédale que les deux marins abordent ce premier rendez-vous, en vue d’une qualification pour la finale qui s’élancera le mercredi 30 septembre, pour 200 milles de course. Une belle occasion pour Jonas Gerckens et Djemila Tassin de porter haut les couleurs de la Belgique, et montrer qu’elle a toute sa place sur la scène internationale pour rivaliser avec les meilleures nations de la voile !
Cartographie à suivre : https://www.cntl-marseille.com/content/ODHWC26-Carto

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