« Belgium Ocean Racing – Curium » va reprendre son duel avec « Crédit Mutuel » dans le cadre de la Globe40 dont la 5e et avant-dernière étape sera lancée ce mercredi 18 février à Valparaiso (Chili), en direction de Recife (Brésil). Entre les deux, un certain Cap Horn, haut lieu de la course au large.
Crédit photo : Jean-Marie LIOT et Sailing Jonas
La Globe40 entre dans sa phase décisive. Ce mercredi 18 février, les concurrents de ce tour du monde en double par étapes quitteront Valparaiso (Chili) à destination de Recife (Brésil). Un « petit tour » par le sud de l’Amérique du Sud qui, rapidement observé sur la mappemonde, parait bien dérisoire en comparaison avec la descente de l’Atlantique suivie des grandes manœuvres dans les mers du sud opérées depuis le départ de l’épreuve donné à Cadix en septembre dernier.
« Le dévent créé par la cordillère des Andes »
A y regarder de plus près, la 5e étape de cette circumnavigation est nettement moins « facile » qu’elle ne pourrait paraître. Alors que « Belgium Ocean Racing – Curium » s’attaquera à cette avant-dernière étape en tête du classement général, avec deux petits points d’avance sur « Crédit Mutuel », Jonas Gerckens fera équipe avec Corentin Douguet. Le Breton n’a besoin que de quelques phrases pour planter le décor et situer le niveau de difficulté de cette étape :
« La seule évocation du Cap Horn suffit généralement à situer le débat », sourit le Breton de 51 ans. « Le franchir n’arrive pas tous les jours dans la vie d’un marin, et le passer après avoir longé les côtes chiliennes pour ensuite le contourner est assez peu courant également. On verra à quelle sauce on va être mangé. Mais surtout, on ne pourra certainement pas dire qu’on aura fait le plus gros une fois dépassé ce gros caillou ! La remontée de l’Atlantique au long des côtes argentines puis brésiliennes jusqu’à la latitude de Rio compte parmi les zones visitées par la course au large les plus délicates au monde ! La faute à cette cordillère des Andes qui crée un énorme dévent, et rend les prévisions les plus ardues à établir. Là-dedans, il y a tout un tas de systèmes qui se créent. Ils sont assez jeunes et dès lors assez difficiles à placer sur nos modèles. Ça rend le jeu très compliqué, mais également très ouvert. On va avoir environ 3.000 milles à remonter vers le Cabo Frio, soit à peu près le double de ce que l’on aura fait en descendant vers le Cap Horn. Ça peut très bien se passer. Ou pas ! Lors du dernier Vendée Globe par exemple, Thomas Ruyant en a fait l’amère expérience après avoir essuyé un grain monstrueux qui lui avait notamment déchiré des voiles. »
« L’explication avec Crédit Mutuel s’annonce grandiose »
Des perspectives qui n’effraient pas Jonas Gerckens. Le Liégeois franchira pourtant le cap mythique pour la première fois de sa vie.
« Passer le Cap Horn reste une étape majeure dans la vie d’un hauturier, mais comme l’a dit Corentin, ce sont les routes que nous allons suivre pour le rejoindre puis pour s’en éloigner qui s’annoncent surtout ardues. Tout dépendra bien sûr des conditions que nous allons y rencontrer, mais après avoir déjà vécu une étape très chahutée dans l’Océan Indien en compagnie de Ben (Hantzperg), je me sens prêt à relever ce défi avec d’autant plus d’enthousiasme que je sais déjà que l’apport de Corentin sera très important vu ses connaissances et son palmarès. Alors que nous nous sommes retrouvés à Valparaiso il y a une dizaine de jours, nous avons eu l’occasion de travailler tout cela en vue de la grosse explication qui s’annonce avec Ian Lipinski et Antoine Carpentier, les deux cadors qui seront à la barre de « Crédit Mutuel ». Comme vous vous en souvenez peut-être, l’arrivée de l’étape à Valparaiso a débouché sur un ex-aequo pour le moins insolite qui a eu pour effet de nous ramener pratiquement dos-à-dos. Même si cette situation a été difficile à admettre, nous avons décidé de la mettre derrière nous une fois pour toutes. Nous occupons la tête du classement avec deux points d’avance, mais comme les deux dernières étapes proposeront des coefficients équivalents avec deux points d’écart entre le 1er et le 2e, la course promet de se jouer jusqu’à l’arrivée programmée à Lorient en avril prochain. D’autant que le bateau allemand qui avait terminé dans notre sillage (2e) à La Réunion sera de retour pour la dernière étape entre Recife et Lorient ! »
Double record du monde de distance pour « Belgian Ocean Racing – Curium » !
C’est dire si la bagarre promet d’être intense, surtout pour les scows qui, en plus d’avoir témoigné d’une très grande aisance doublée d’une fiabilité remarquable, ont surtout réalisé des performances très impressionnantes. Celles-ci ont notamment été illustrées par le record de distance sur 24 heures qui a été battu à deux reprises par « Belgian Ocean Racing – Curium » ! La première fois entre le Cap-Vert et l’île de La Réunion, avec le duo Dehareng-Hantzperg à bord (452,22 mn, soit 837,51 km), et la deuxième dans le Pacifique, entre Sydney et Valparaiso (459,78 mn, soit 851,51 km, à 19,1 nœuds de moyenne !), des œuvres de Djemila Tassin et Benoît Hantzperg à nouveau !

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